Réal
: Steve McQueen
Scénario : Enda Walsh (Disco pigs - Chatroom)
- Steve McQueen
Année : 2008
Genre : Drame - Historique
Avec : Michael Fassbeinder (Angel - Hex : la malédiction, série tv - Eden Lake - 300) - Liam Cunningham (Le vent se lève - The card player) - Stuart Graham (Omagh)
Durée : 1h40
Pays : Grande-Bretagne
Irlande du Nord, les prisonniers de l'IRA font une grève de l'hygiène afin d'obtenir le statut de prisonnier politique. Alors que la violence et la saleté règne, les choses ne bougent pas, et le gouvernement continue ses humiliations et son mépris. Bobby Sands décide alors d'entamer une grève de la faim.
Ce film est Incroyable.
La bande son laisse toute la place aux bruits, aux pas, aux gamelles, à la ferraille, aux bouts de bois, aux frottements, aux corps qui se fracassent contre les murs...
La caméra qui suit, qui colle aux détails. Dans le silence. Un silence plein de vacarme, parce que chaque bruit résonne comme une menace. (Quand les prisonniers entendent les gardiens qui retirent leurs fiches signalétiques, que le Pire arrive... Terrible!)
Les corps ont une importance ahurissante, ils sont montrés, la peau qui respire, qui s'affaiblit, qui s'écorche, se blesse. Les marques sur la peau, ça laisse une impression de souffrance continue. Et puis, Steve McQueen, en plus, est un super pro de l'image... les couloirs de la prison, la scène du dialogue (fallait oser... je la trouve très réussie, mais tout de même trop longue... trop "répétitive" dans les mots, l'impression d'une machine qui se répète), toute l'intro avec le flic qui se prépare, qui souffre lui aussi. La scène de la course à travers la forêt... cet ado qui manque de souffle, qui est seul. De l'eau, du sang, de la terre, de la merde, de la pisse. Des teintes métalliques, terreuses, caverneuses. L'enfermement est total. Et l'Intolérable qui se vit toutes les minutes, et qui va jusqu'à l'Insoutenable... vraiment, à la fin, j'en pouvais plus, j'avais besoin de sortir, de respirer, presque... d'oublier... un peu. C'est tellement dur, psychologiquement surtout.
Et McQueen parvient à ne pas tomber dans un manichéisme restrictif. Tous souffrent. Chacun à son échelle et selon sa propre prison, mais tous souffrent. J'ai juste trouvé deux-trois petites longueurs... peut-être aussi parce que je voulais un peu "respirer", je ne sais pas. Mais c'est Vraiment un Pur Film. Il faut le Voir. Il faut être bien accroché aussi.
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Hunger, 2008